Je vous laisse imaginer notre joie, quand, la construction quasiment achevée (il nous restait quelques finitions à terminer), nous avons inséré pour la première fois la clef dans le contacteur...

Au sol 

Nous avons commencés les essais le vendredi 24 septembre. Après avoir sorti l'appareil du garage, on le prépara à ses premiers tours d'hélices : On enlève les capots moteur, vérification du niveau d'huile (il faudra que l'on vous raconte la mise en huile du 912, c'est marrant), du niveau d'eau et que toutes les durites soient bien attachés. On ouvre la trappe à essence et on cherche à en mettre le moins possible à côté ( la trappe est à 1m75, le bidon est remplis de 20 litres d'essence alors forcément on en met de partout (On a par ailleurs trouvé un système bien pratique de siphon étudié pour transférer du carburant disponible chez www.kbi-ul.com et s'appelle le "super-siphon", plutôt que de l'acheter, nous l'avons finalement fabriqué : un tuyau en cuivre, une bille et un peu de courage suffisent). On va chercher l'escabeau, on découpe une bouteille en plastique pour en faire un entonnoir et on recommence. Nous mettons environ 5 litres de sans plomb 98.

Nous calons l'ULM de façon à ce qu'il ne puisse pas partir dès que l'on met en route et nous serrons le frein de parking, le voilà prêt au démarrage.

Derniers préparatifs, nous allons chercher des couvertures, un extincteur et le tuyau d'arrosage... on ne sait jamais. En plus nous avions appelé le revendeur de Toulouse, il nous avait vivement conseillé ces précautions !!! Gloups, ce n'est pas le moment de casser le jouet....

Nous voila fin prêt, on démonte les portes et je suis chargé de la première mise en route, mon père est avec le tuyau d'arrosage, prêt à intervenir.

Première mise en route

Cette fois c'est parti. Checklist :

Contact général sur ON, starter à fond, pompe à carburant sur ON. on entend l'essence qui arrive, on attend un peu et là, la tension est très élevée et ... le démarreur enfoncé.
L'hélice tourne grâce au démarreur 5 secondes, 10 le moteur ne démarre pas soudain mon père me crie "STOP, COUPE TOUT !!! CA FUIT !!! Je coupe tout, on va voir et en effet ca fuyait et même beaucoup ! Le pas de vis du collier de serrage de la durite d'arrivée à la pompe à essence mécanique (juste derrière l'hélice et au dessus d'une tubulure d'échappement) avait cédé.
Heureusement que l'un de nous deux vérifiait le moteur et que l'on nous avait prévenu d'enlever les capots sinon....
On change le collier, on essuie bien, on souffle avec le compresseur pour enlever l'essence, on va boire un coup histoire de se remettre et de laisser une éventuelle et pernicieuse goutte d'essence s'évaporer.

10 minutes après, nous revoilà, un peu échaudés par ce qui venait de nous arriver et avec dans la tête que cela pourrait arriver en vol... 

Deuxième essai, cette fois c'est la bonne.

Nouvelle checklist, cette fois c'est parti, le moteur démarre, ca ratatouille un peu et le moteur s'emballe à mon goût, je décide de tout arrêter. On en discute avec mon père, pas de solution, on recommence même chose. Moi ca me va pas et je veux tout arreter pour comprendre. En fait au moment ou je descends mon père constate que la manette des gaz est à fond... Très bête comme erreur ca, je m'étais persuadé lors de ma check que la manette enfoncée était le ralenti... (je suis con de temps en temps, ca me fait peur...)

Nouvel essai, ca tourne !!!! enfin ! Le régime est de sensiblement 2000 tours. On garde le ralenti 6 minutes puis arrêt. Nous sommes heureux, ca marche. On retestera 30 secondes le soir même et on rentrera la bête.

Troisième essai le dimanche.

Je suis seul. Mise en route, ralenti entre 1900 et 2200 tours. Le moteur chauffe doucement. Une fois chaud je procède à un test allumage à 3000 tours, on perd 150 ou 200 tours, parfait ! Ralenti de nouveau puis prise de tours (les moteurs sont déja rodés...) je resterai sous la barre des 3200 tours avec une pointe tout de même à 4000 tours pendant 15 sec. Le moteur a tourné 35 minutes ce jour la et malgré une position statique, les températures sont toujours restées au milieu des plages autorisées.
Je trouve la position ralenti de la manette des gaz peu précise puisque en tirant plus ou moins fort sur la manette (sans être une brute bien sur) on arrive à un ralenti oscillant entre le calage moteur et 2200 tours.

Quatrième essai (Récit par mon père)

Petit rodage, tranquille, température OK, on monte le régime ! RAS température en hausse, 3500 tours , RAS, simulation décollage 5000 tours puis retour à 4000,! Tout va bien.

Retour au garage, vérification du serrage de l'hélice, des colliers, tout est OK. Parés pour le décollage, nous sommes le 10/10/2004 !

La carte jaune (équivalent de la carte grise pour les voitures mais qui a nécessité la pesée de l'ULM) vient d'arrivée avec la licence de station d'aéronef (pour la radio), l'ULM après quelques essais de roulage sera qualifié de bon pour le vol.

 

En vol

La date fut fixée au 20 novembre au matin. Depuis 3 semaines, nous attendions une fenêtre météo favorable, et tous les jours c'était bruine, brouillard et froid ce qui nous avait déjà fait reporter le premier vol de trois samedi.
Jusqu'a la veille au soir, la météo n'était franchement pas favorable, il pleuvait des cordes. Le samedi au matin, levé très tôt au cas ou, et la lorsque j'ouvre mes volets .... un grand ciel bleu, pas un nuage a l'horizon, vent nul (mais quand je dis nul, c'est nul, pas la moindre brise !) et en plus il faisait bon voire presque chaud...

Direction le terrain, l'ULM est sur la remorque et prêt à partir. Arrivée sur le terrain, montage, contrôles et pré-vol. Plein de carburant et mise en route histoire de vérifier que rien ne vibre et de tenir le moteur prêt au départ.
Je suis chargé de faire ratatouiller le moteur, et 5 minutes plus tard, Luc Vernay arrive de GAP en FK14 avec un ami.

J'arrête le moteur, Luc procède a une vérification de l'appareil : "Il faudra coller cette durite pour ne pas qu'elle s'use, puis celle là, puis là.... ! Tu pourrais aussi faire comme ca pour telle pièce ! Mais il est magnifique cet appareil ! Vous vous êtes vraiment très bien débrouillé ! "
Honnêtement je ressens une certaine fierté d'entendre cela d'un pro. Même si il y a quelques modifications à faire, rien ne s'oppose au premier vol.

Luc fera seul a bord deux remontées de piste à très faible hauteur puis ira tester la machine en altitude.

Il monte à bord, nous lui expliquons le fonctionnement de la radio FILSER et du GPS , il met en route et roule pour la piste.



Roulage pour le premier essai en vol.

Je peux vous jurer que malgré la tièdeur ambiante, on (enfin moi c'est sur, mon père, je ne sais pas !) avais les genoux qui tremblaient ! Non pas que l'on ait pas confiance en Luc, au contraire, mais que quelque chose se passe mal pour une raison ou pour une autre, que la machine soit détruite et pire que Luc ou quelqu'un d'autre se blesse. J'ai du mal a imaginer le sang froid de Luc qui accepte de faire les tests d'une machine dont il connait le modèle certes mais si peu les monteurs et leurs méthodes de travail. Bravo et merci !

Hélas du "club house", nous ne voyons pas la piste, nous avons juste apercu durant quelques secondes en discontinue l'appareil a quelques mètres du sol. Luc revient, il semble satisfait du comportement de la machine mais il est nécessaire de régler les trims sur les ailerons (de petites palettes d'alu que l'on tort vers le haut ou vers le bas).

Voila qui est fait et redécollage toujours seul pour essais en vol. Luc part une heure je pense et nous avons perdu très rapidement l'appareil de vue. Retour au bercail, l'avion se comporte très bien, rien a signaler, petite retouche des trims des ailerons. Enfin si, nous avons un problème de Badin qui est complètement "dans les choux" avec 15 km/h de plus constaté avec le GPS. (C'est gênant a basse vitesse surtout pour des débutants que nous sommes...).

 

A nous maintenant de l'essayer

Mon père monte alors à bord (en place pilote) avec Luc et "Let's go" c'est parti pour la formation sur notre oiseau.
Pendant ce temps la, je vais chercher des sandwichs, dès mon retour j'apercois le fk en finale, il y a un problème de résonnance mécanique. On cherche, cela semble venir du stabilisateur horizontal, petit démontage, je vous passe les détails (on a perdu une rondelle dans l'herbe puis une entretoise, qu'un membre du club a retrouvé. 
L'histoire :
On était la, comme quatre c... a pousser chaque brin d'herbe pour retrouver cette entretoise lorsque qu'un membre du club arrive pour venir aux nouvelles. Il nous demande ce que nous cherchons. A peine avait on finir de lui dire ce que nous cherchions une entretoise qu'il nous dit : "Ca ne serait pas ca ?" En nous montrant du pied la fameuse pièce que nous cherchions depuis 5 ou 10 minutes quand même....
Merci a ce membre émérite qui se reconnaitra !!!

Bref, remontage et cette fois c'est mon tour (après avoir mangé vite fait notre sandwich au soleil que nous avions pas vu depuis longtemps, bien trop longtemps).
Je m'installe à bord, en place pilote, bien que je ne sois pas encore lâché (eh oui j'ai craqué deux fois sur sky ranger!!! Ah c'est le mental !!!).
Mise en route, radio (je ne m'en était jamais occupé, mon ancien instructeur ne nous faisait  hélas pas parler).
Roulage, je fais l'ACHEVER (check list avant décollage) puis a la radio "alignement décollage" et feu. Je pousse a fond, trop vite et la roulette avant se souvèle (je fais un "wheeling", les motards comprendront) et je me dit "ca tire cet engin, ca change du sky". Puis très rapidement on arrive à la vitesse de rotation, palier d'accéleration et je tire sur le manche. Pour garder le 110 km/h je peux vous dire qu'il faut tirer je ne sais pas a combien était le vario mais l'angle entre l'aile et la planète est impressionnant. Je rentre les volets, 2500 pieds et Luc me propose quelques virages. Je les execute et la bille est partout sauf au centre. Le sky ranger a beaucoup de lacet inverse et si on veut tourner, il faut y aller franchement avec les pieds sinon niet. Le fk est beaucoup plus fin et un effleurement des palonniers à 140 km/h suffit pour un beau virage. Je prends le coup et m'amuse comme un fou, droite, gauche, 180°, 360° puis passage de 45° d'inclinasion à droite à 45° à gauche très rapidement, virage à haute inclinaison (haute inclinaison, ca veut dire que l'on voit très bien le sol par les fenêtres de toit !!!).
Je suis conquis et je crois que pendant tout le vol et même après j'ai conservé le petit sourir niais, celui qu'on a lorsque l'on est sur un petit nuage (en FK9 bien sur) mais il est déjà temps de rentrer, mon père a réservé le tour suivant. Je fais toute l'approche avec la radio (Luc m'aide pour la radio et la surveillance des autres avions, j'en ai besoin), vent arrière, base, finale. Mon dernier virage est affreux, la bille part dans le vide-poche car a basse vitesse, les palonniers sont moins sensibles et il ne faut pas hésiter a enfoncer.
Arrondi et atterrissage, retour au club, mon père grimpe, limite s'il me m'éjecte pas de l'avion pour aller plus vite (je déconne, hum quoi que il n'aurait peut etre pas trop fallu que je traîne...).

C'est le tour de mon père qui vous racontera je pense.

Moi je suis en extase et j'ai trouvé un slogan pour l'appareil (" le fk9, machine de rêve, machine à rêves !" C'est nul je sais mais ca vous donne une idée que ce que je pense de cet avion.). En plus j'ai droit de refaire un tout petit tour avec Luc avant qu'il ne parte, nous attaquons les tours de piste. Le pilotage est vraiment très fin et l'appareil réagit à la moindre sollicitation. Voyant que j'avais un peu de mal, Luc m'explique une chose qui nous servira beaucoup par la suite avec mon père :
"N'oublie pas que le moteur agit sur ton altitude, le manche sur ta vitesse".
Cela m'a vraiment aidé en circuit de piste.
J'ai appris à me servir du trim. Il n'y en avait pas sur le sky-ranger et j'en voyais pas l'utilité mais ca aide vraiment, par contre il faut une étiquette pour marquer le neutre.
Pour consever un cap, Luc m'explique que l'on agit que sur les pieds, pour me le prouver, il me demande de lâcher le manche durant toute la vent arrière et me fait garder mon cap aux pieds.

En fait Luc a refait un petit tour avec mon père et a du repartir pour Gap, la nuit tombe vite.
La tête pleine de rêves et d'émotions, nous discutons un peu avec les membres du club aéronautique puis rentrons chez nous.

Voila le récit d'une formidable journée riche en satisfactions, émotions et plaisirs.....

 

 Que de chemin parcouru depuis la livraison...
... et avec les photos, c'est encore plus flagrant !!!

 

 
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